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Léon XIV souhaite que l’Église en Amazonie demeure un refuge sûr pour la vie

Dans un message vidéo adressé aux participants de la VIe assemblée de la Conférence ecclésiale de l’Amazonie, réunis à Bogotá, en Colombie, le Pape a encouragé les fidèles du bassin amazonien à «œuvrer avec la confiance d’une foi enracinée dans le Christ» pour être un authentique «géant de la forêt» qui «fait place aux petits et marche pauvre avec les pauvres». Léon XIV souhaite que l’Église du «poumon vert» demeure «un signe d’unité dans la diversité».

Fabrice Bagendekere, SJ – Cité du Vatican

C’est un moment privilégié d’écoute de l’Esprit Saint pour cette assemblée qui a pour but de discerner le chemin des communautés enracinées dans cette région. Dans le cadre de cette préparation, qui a été accompagnée de prières, ses membres avaient souhaité partager avec le Souverain pontife certains des pas accomplis, ainsi que les défis auxquels ils sont confrontés, les souffrances et les espoirs des habitants de la région, ainsi que la détérioration croissante de son environnement naturel. Léon XIV a tenu à exprimer d’entrée de jeu sa solidarité avec toutes les personnes qui subissent cette situation. Aussi s’est-il réjoui que cette VIème assemblée ait parmi ses objectifs la formulation des horizons pastoraux synodaux, «qui pourraient être un instrument utile pour orienter la proclamation ‘‘d’un Dieu qui aime infiniment chaque être humain, qui a pleinement manifesté cet amour en Christ’’», comme l’avait déjà énoncé le Pape François dans l’exhortation apostolique post-synodale, «Querida Amazonia».

Être un signe d’unité dans la diversité

S’exprimant sur la nouvelle phase qui s’inaugure par cette assemblée, à travers l’élection de la présidence pour la période 2026-2030, dont la tâche consistera notamment à «continuer d’encourager la mise en œuvre du Synode pour l’Amazonie tout en préparant les contributions issues de son expérience pour l’Assemblée ecclésiale à Rome, prévue pour l’année 2028», le Souverain pontife assure de son accompagnement pour l’aboutissement heureux de cette «étape importante».

Dans le désir d’ouvrir de nouvelles voies dans la mission ecclésiale sur «cette terre bien-aimée», le Pape péruvien exprime le désir que l’Église dans l’étendue de l’Amazonie continue d’être «un signe d’unité dans la diversité et un refuge sûr, qui engendre et protège la vie». Ceci trouve un écho dans le texte biblique choisi par l’assemblée pour inspirer leurs réflexions: «Je vais faire une chose nouvelle: elle germe déjà, ne le voyez-vous pas?» (Is 43, 19).

Œuvrer avec la confiance d’une foi enracinée

À travers l’image de l’arbre shihuahuaco, «le géant de la forêt», l’arbre millénaire d'Amazonie, Léon XIV démontre que «quelque chose de nouveau est en train de naître» dans la contrée, quoi que cela paraisse aujourd’hui «fragile» ou «imperceptible». Comme le germe de cet arbre «qui pousse très lentement, mais qui peut vivre plus de mille ans» et qui «devient un refuge sûr pour les aigles, toucans, les aras, les ouistitis, les sakis et les écureuils, se transformant en un écosystème à part entière», le Saint-Père invite les fidèles de l’Amazonie à «œuvrer avec la confiance d’une foi enracinée dans le Christ qui nous répète ‘‘je t’ai aimé’’», expliquant que «c’est précisément cet amour divin-humain de Jésus qui nous transforme en hommes et femmes nouveaux».

En ce sens, dit le Pape, «si nous voulons être du Christ – l’authentique  ‘‘géant de la forêt’’  et « ‘‘né avant toute créature’’, nous sommes appelés à être ‘‘l’Église des Béatitudes, l’Église qui fait place aux petits et marche pauvre avec les pauvres’’», comme il le rappelait déjà dans l'exhortation apostolique, Dilexi te.

Proclamer le kérygme et la vie nouvelle en Christ

Faisant suite au symbole choisi par cette VIème assemblée pour représenter son identité et ses valeurs, la fleur de la passion, «dont la forme particulière fait référence de manière saisissante à la Passion du Christ», Léon XIV fait appel au rôle prophétique que l’Église et «tous ses membres chacun selon sa propre mission» sont appelés à jouer dans les contextes particuliers de temps et de lieu. En ce qui concerne l’Amazonie, le Saint-Père rappelle les nombreux défis sociaux, environnementaux, culturels et ecclésiaux qui persistent et auxquels la région fait face, «menacée par des situations d’abus et d’exploitation», invitant l’Église du bassin amazonien à «proclamer le kérygme et la vie nouvelle en Christ, accompagner ceux qui souffrent, prendre soin de la création et respecter la vie sous toutes ses formes, en particulier la vie humaine».

Poursuivre le renforcement de l’identité des disciples missionnaires en Amazonie

Le Pape émet enfin une réflexion sur l’inculturation, un des objectifs poursuivis par cette Conférence ecclésiale, avec la perspective de «dessiner une Église au ‘‘visage amazonien’’». Le Saint-Père rappelle que cette tâche doit être menée avec la conviction que, «par l’inculturation de la foi, l’Église s’enrichit de nouvelles expressions et de nouvelles valeurs, manifestant et célébrant le mystère du Christ de manière toujours plus efficace, unissant plus étroitement la foi à la vie et contribuant ainsi à une catholicité plus pleine, non seulement géographiquement mais aussi culturellement».

L’inculturation est un chemin difficile, mais nécessaire, dit le Saint-Père, soulignant qu’«il faut accepter avec courage la nouveauté de l’Esprit, capable de créer sans cesse quelque chose de nouveau grâce au trésor inépuisable de Jésus-Christ». Ainsi encourage-t-il l’assemblée à «poursuivre ensemble, pasteurs et fidèles, le renforcement de l’identité des disciples missionnaires en Amazonie».

“Continuez à semer dans le sillon qui a été arrosé aussi par le sang de tant d’hommes et de femmes qui vous ont précédés et qui, unis à la passion du Christ, sont devenus les racines d’un ‘‘arbre géant’’ qui grandit en Amazonie.”

 

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17 mars 2026, 12:32