Le Pape invite à redécouvrir le baptême comme source de liberté et de fraternité
Moriba Camara, S.J. - Cité du Vatican
S’appuyant sur le dialogue entre la première lecture du livre de la Genèse et l’Évangile sur le récit de la tentation au désert, le Pape a souligné que la Parole de Dieu éclaire «le don du baptême comme une grâce qui rencontre notre liberté». Le récit des origines, a-t-il expliqué, ne met pas d’abord en scène un interdit, mais «une possibilité: la possibilité d’une relation» entre la créature et son Créateur. C’est précisément cette relation que le tentateur cherche à briser, en insinuant «la présomption de pouvoir abolir toute différence entre les créatures et le Créateur», à travers «l’illusion de devenir comme Dieu». Pour le Pape, cette page biblique demeure «un chef-d’œuvre inégalé qui représente le drame de la liberté».
Jésus, l’homme libre qui révèle la vraie humanité
Face à cet ancien dilemme fondamental, «puis-je réaliser pleinement ma vie en disant “oui” à Dieu? Ou bien, pour être libre et heureux, dois-je me libérer de Lui?». La scène des tentations du Christ apporte une réponse décisive. Léon XIV a rappelé que Jésus révèle «la véritable humanité», citant la constitution conciliaire Gaudium et spes: «En réalité, le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné». En résistant aux ruses du Tentateur, le Christ manifeste «l’homme nouveau, l’homme libre», dont la liberté s’accomplit «en disant “oui” à Dieu». Cette humanité renouvelée, a insisté le Pape, «naît de la fontaine baptismale».
Le Saint-Père a longuement développé le caractère dynamique du baptême, qui «ne s’épuise pas dans l’espace et le temps du rite», mais demeure une grâce vivante, «une voix intérieure qui nous appelle à nous conformer au Christ». Cette grâce, a-t-il ajouté, remet sans cesse le croyant en marche, afin que sa liberté trouve «son accomplissement dans l’amour de Dieu et du prochain». De cette relation baptismale avec le Christ découle une liberté authentique, radicalement différente de celle promise par le diable: non pas la recherche du pouvoir, mais «un amour qui se donne et qui nous rend tous frères et sœurs». À l’appui, le Pape a cité saint Paul: «Il n’y a plus ni Juif ni Grec; il n’y a plus ni esclave ni homme libre; il n’y a plus l’homme et la femme, car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus» (Ga 3, 28).
Une paroisse au cœur des contradictions de notre temps
Évoquant le contexte particulier de la paroisse du Sacré-Cœur de Jésus, voulue en ce lieu par le Pape Léon XIII en demandant à saint Jean Bosco de la construire, le Saint-Père a souligné la concentration, «en quelques mètres», des contrastes de notre époque: «l’insouciance de ceux qui partent et arrivent dans le confort, et ceux qui n’ont pas de toit; les nombreuses potentialités de bien et une violence envahissante; le désir de travailler honnêtement et les trafics illicites de drogue et de prostitution». Dans ce contexte, la paroisse est appelée à «être levain d’Évangile dans la pâte de ce territoire, à devenir signe de proximité et de charité». Léon XIV a exprimé sa gratitude aux Salésiens pour «l’œuvre inlassable» menée auprès des jeunes, des migrants, des réfugiés et des personnes sans domicile, encourageant la communauté à rester «une petite flamme de lumière et d’espérance». En conclusion, le Pape a confié le chemin de Carême à l’intercession de Marie Auxiliatrice, afin qu’elle soutienne les fidèles «dans les moments de tentation et d’épreuve», et les aide à vivre pleinement «la liberté et la fraternité des enfants de Dieu».
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