Angélus: saisir dans chaque précepte de la Loi, une exigence d’amour

Dans la méditation qui a précédé la prière mariale de l’Angélus, présidée ce dimanche 15 février depuis la fenêtre du Palais apostolique, le Pape a porté une réflexion sur la deuxième partie du «Sermon sur la montagne», texte qui «révèle la véritable signification des préceptes de la Loi de Moïse». Le Souverain pontife a rappelé aux quelques 2 000 fidèles présents sur la place Saint-Pierre, qu’«une justice minimale ne suffit pas, il faut un grand amour, possible grâce à la force de Dieu».

Fabrice Bagendekere, SJ – Cité du Vatican

Après avoir proclamé les Béatitudes, Jésus - dans son «Sermon sur la montagne» - se concentre sur la relation directe avec Dieu plutôt que sur la piété extérieure, invitant à «entrer dans la nouveauté du Royaume de Dieu». «Pour nous guider dans ce cheminement», a indiqué le Pape, le Christ fait connaitre «la véritable signification des préceptes de la Loi de Moïse». Il révèle que les lois divines données sur le mont Sinaï ne servent pas à «satisfaire un besoin religieux extérieur pour se sentir en règle devant Dieu, mais à nous faire entrer dans une relation d’amour avec Lui et avec nos frères». Cela explique par ailleurs pourquoi Il dit qu’Il n’est pas venu pour abolir la Loi, «mais pour l’accomplir», a aussi souligné le Vicaire du Christ.

Les commandements sont un moyen de commencer à connaître Dieu

Pour le Nazaréen, «l’accomplissement de la Loi, c’est précisément l’amour qui en réalise le sens profond et le but ultime». Il s’agit, a expliqué le Pape, d’«acquérir une “justice supérieure” à celle des scribes et des pharisiens, une justice qui ne se limite pas à observer les commandements, mais qui nous ouvre à l’amour et nous engage dans l’amour». Pour illustrer cet enseignement, Jésus examine certains préceptes de la Loi qui se réfèrent à des situations concrètes de la vie, et par les antinomies, il relève «la différence entre une justice religieuse formelle et la justice du Royaume de Dieu».  D’un côté il rappelle les prescriptions laissés par Moïse: «Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens», et de l’autre il affirme: «Mais moi, je vous dis».

Cette approche, a souligné Léon XIV, est «très importante», indiquant qu’elle «nous dit que la Loi a été donnée à Moïse et aux prophètes comme un moyen de commencer à connaître Dieu et son projet sur nous et sur l’histoire». Maintenant que «Lui-même est venu parmi nous en la personne de Jésus qui a accompli la Loi, il fait de nous "des fils du Père"», «nous donnant la grâce d’entrer en relation avec Lui comme des fils et comme des frères entre nous».

Entrer dans la logique du Royaume de Dieu

L’enseignement à tirer de la démarche du Christ est que «la vraie justice, c’est l’amour et que, dans chaque précepte de la Loi, nous devons saisir une exigence d’amour». En effet, a fait remarquer Léon XIV, «il ne suffit pas de ne pas tuer physiquement une personne si ensuite je la tue avec des mots, ou si je ne respecte pas sa dignité». De même, a-t-il complété, «il ne suffit pas d’être formellement fidèle à son conjoint et de ne pas commettre d’adultère si cette relation manque de tendresse réciproque, d’écoute, de respect, de prise en charge de l’autre et de cheminement conjoint dans un projet commun».

Ainsi le Pape a conclu par cette note: «l’Évangile nous donne cet enseignement précieux: une justice minimale ne suffit pas, il faut un grand amour, possible grâce à la force de Dieu», invitant les fidèles rassemblés à invoquer ensemble la Vierge Marie, «qui a donné au monde (…) Celui qui accomplit la Loi et le projet du salut», afin qu’«elle nous aide à entrer dans la logique du Royaume de Dieu et à vivre sa justice».

Merci d'avoir lu cet article. Si vous souhaitez rester informé, inscrivez-vous à la lettre d’information en cliquant ici

15 février 2026, 10:01

L'Angélus est une prière en mémoire du Mystère de l’Incarnation du Christ, récitée trois fois par jour : à six heures le matin, à midi et le soir vers dix-huit heures, au moment où sonne la cloche de l’Angélus. Son nom Angelus dérive du premier verset de la prière en latin : Angelus Domini nuntiavit Mariae. Elle consiste en une lecture brève de trois textes simples sur l’Incarnation du Christ, et la récitation de trois «Je vous salue Marie». Cette prière est récitée par le Pape tous les dimanches et les jours de fête à midi place Saint Pierre. Avant de réciter la prière, le Pape prononce un bref discours se référant aux Lectures du jour. Après la prière, il salue les pèlerins.

Entre Pâques et Pentecôte, l’Angélus cède sa place au Regina Coeli, une prière qui fait mémoire de la résurrection de Jésus Christ, et à la fine de laquelle le Gloria est récité trois fois.