L'Académie pontificale ecclésiastique à Rome.  L'Académie pontificale ecclésiastique à Rome.  

Le Pape exhorte les futurs représentants pontificaux à cultiver l’écoute

Dans son message daté du 21 novembre 2025 et envoyé samedi 17 janvier, à l’occasion du 325e anniversaire de la fondation de l’Académie pontificale ecclésiastique, le Saint-Père insiste sur la finalité des réformes engagées: offrir une formation intégrale, alliant rigueur académique et maturité humaine et spirituelle. «Le service diplomatique n’est pas une profession, mais une vocation pastorale», écrit-il, rappelant que la diplomatie vaticane est avant tout «l’art évangélique de la rencontre».

Augustine Asta – Cité du Vatican

Plus de trois siècles après sa fondation, l’Académie continue de former des diplomates appelés à être le regard vigilant et lucide du Successeur de Pierre sur l’Église et le monde. Leur mission ne se limite pas à la participation aux débats internationaux, ils sont également appelés à proposer, à la lumière de la vision chrétienne, des solutions concrètes pour un monde plus juste et plus fraternel.

Pour marquer la célébration du 325e anniversaire de l'école des nonces, une conférence s’est ouverte ce samedi 17 janvier 2026, au Palais apostolique du Vatican, avec comme fil conducteur: «L'action diplomatique du Saint-Siège face aux nouveaux défis mondiaux». La rencontre a débuté par la lecture d’un message du Pape Léon XIV, daté du 21 novembre 2025, et adressé à l’ensemble de la communauté de l'Académie pontificale ecclésiastique. Dans cette lettre, le Saint-Père rend grâce tout d’abord pour «la longue et fructueuse histoire de cette institution méritante au service du Successeur de Pierre».

Une institution au cœur de la diplomatie du Saint-Siège

Fondée en 1701 par la volonté du Pape Clément XI, l’Académie pontificale ecclésiastique, la plus ancienne école diplomatique au monde, a traversé plus de 300 ans d’histoire en s’adaptant aux besoins de l’Église et de la diplomatie vaticane. Le Pape Léon XIV rappelle que cette mission a été «préservée dans son esprit» par ses prédécesseurs, jusqu’aux réformes les plus récentes.

Il souligne notamment l’importance des décisions prises par le Pape François, avec la Constitution apostolique Praedicate Evangelium, qui a «confirmé la place de l'Académie au sein de la structure de la Secrétairerie d'État, la mettant en relation avec la Section pour le personnel diplomatique du Saint-Siège; puis, avec le chirographe Il Ministero Petrino, du 25 mars 2025, il l'a qualifiée de centre avancé de formation académique supérieure et de recherche en sciences diplomatiques, en tant qu'instrument direct de l'action diplomatique du Saint-Siège» explique le Pape américain.

Une formation intégrale

Le Saint-Père insiste dans son message sur le fait que ces dernières réformes ont pour objectif d'offrir un programme de formation qui, reposant sur «une base scientifique solide», soit capable d'«intégrer des compétences juridiques, historiques, politiques, économiques et linguistiques et de les conjuguer avec les qualités humaines et sacerdotales des jeunes prêtres». Dans la foulée, l’évêque de Rome remercie aussi dans son texte les supérieurs et les étudiants de l'Académie pontificale ecclésiastique pour le chemin de «communion et de renouveau entrepris dans un esprit de foi et de disponibilité, en accueillant les changements sans oublier les racines».

Par ailleurs, le Pape souhaite que cette «heureuse occasion» du 325e anniversaire de l'école des nonces suscite chez les futurs diplomates un «engagement renouvelé à persévérer dans leur formation, en leur rappelant que le service diplomatique n'est pas une profession, mais une vocation pastorale: c'est l'art évangélique de la rencontre, qui cherche des voies de réconciliation là où les hommes dressent des murs et de la méfiance», écrit encore le Saint-Père.  

Dans un monde marqué par les divisions, le Souverain pontife met en garde contre une vision purement stratégique de la diplomatie: «Notre diplomatie, en effet, poursuit-il, naît de l'Évangile: ce n'est pas une tactique, mais une charité réfléchie; elle ne cherche ni vainqueurs ni vaincus, elle ne construit pas de barrières, mais elle recompose des liens authentiques».

Des «ponts» au service de la communion

Léon XIV appelle les futurs représentants pontificaux à cultiver l’écoute, condition essentielle de toute parole crédible. «Chaque parole prononcée doit être précédée d’une écoute», écrit-il, évoquant l’écoute de Dieu mais aussi celle «des petits, de ceux dont la voix n’est souvent pas entendue».

“Les diplomates du Pape sont appelés à être des ponts: des ponts invisibles pour soutenir, des ponts solides lorsque les événements semblent difficiles à endiguer et des ponts d'espoir lorsque le bien vacille.”

«À l'exemple de saint Antoine Abbé, votre patron, qui a su transformer le silence du désert en un dialogue fécond avec Dieu, soyez des prêtres d'une profonde spiritualité, afin de puiser dans la prière la force de la rencontre avec les autres», recommande encore dans sa lettre le Successeur de Pierre. Et d’ajouter: «Tandis que votre regard s'ouvre sur la mission qui vous attend, je confie chacun de vous à Marie, Mère de l'Église, afin qu'elle veille sur vous et vous rende dociles à la volonté de Dieu au service du siège de Pierre».

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17 janvier 2026, 10:30