Le Pape aux jeunes: «Nous sommes faits pour la vérité, pas pour le virtuel»
Antonella Palermo - Cité du Vatican
«Quand nous sommes unis, il n'y a pas de difficulté que nous ne puissions surmonter». Un hymne à l'amitié qui inonde les cœurs et transcende les espaces. Attendu par des milliers de jeunes du diocèse de Rome dans la salle Paul VI, l’évêque de Rome n’a pas n'oublié ceux restés à l’extérieur, qu’il a ensuite salués, leur adressant quelques mots ce 10 janvier. Ce n'est pas la première fois que le Pape s'adresse, avec des mots brefs et précieux, à ces personnes qui restent souvent à l'extérieur de la basilique vaticane.
Cette attention et cette sollicitude, expriment ce désir d'inclure tout le monde, une façon de dire qu'il n'y a pas de murs, pas de frontières, pas de barrières. «Comme j'aimerais que nous puissions tous être ensemble, leur a-t-il dit, pas seulement devant un écran, mais en personne, car c'est dans la rencontre que nous nous sentons bien. Et nous nous sentons bien parce que nous sommes tous frères et sœurs en Jésus-Christ, qui est notre meilleur ami», a-t-il ajouté spontanément. Avant cela, le Pape affirmait qu'«il est très important que nous essayions de construire des relations humaines, de bonnes amitiés et surtout l'amitié avec Jésus» .
Être seul, c'est souvent souffrir, mais Jésus est toujours avec nous
Remerciant également ceux venus d'autres pays, il a invité chacun à vivre «véritablement cet esprit d'amitié, de fraternité, de se retrouver ensemble, car nous savons que lorsque nous sommes unis, il n'y a pas de difficulté que nous ne puissions surmonter». Le Pape admet également qu'«être seul, c'est souvent souffrir». Mais il existe un remède.
Tristesse et douleur pour les victimes de Crans-Montana
Avant de prendre le texte préparé, improvisant, le Pape a confié avoir reçu, peu avant la rencontre, un message d'une de ses nièces, aussi jeune. Elle lui disait: «Oncle, comment fais-tu avec tous ces problèmes du monde, avec toutes ces préoccupations? Ne te sens-tu pas seul? Comment fais-tu pour continuer?». Et la réponse a été: «En grande partie, c’est vous! Car nous ne sommes pas seuls», a déclaré Léon XIV. Dans son discours, le Successeur de Pierre a eu une pensée pour les jeunes qui ont perdu la vie à Crans-Montana en Suisse.
Il a exprimé «sa tristesse et sa douleur», tout en rappelant que «la vie est si précieuse que nous ne pouvons jamais oublier ceux qui souffrent. Malheureusement, ces familles, encore dans la douleur, doivent maintenant chercher à surmonter cette douleur. C'est aussi pour cela que nos prières, notre unité, est importante: que nous soyons toujours unis, comme des amis, comme des frères».
Le Pape s’est ensuite inspiré des poètes pour s'adresser aux jeunes qui, à quelques jours de la fin du Jubilé, ont tant souhaité retrouver le Successeur de Pierre pour un moment de joie, d'encouragement, de partage et de renouveau. Beaucoup d'entre eux ont vécu ces «mémorables journées». Accompagnés d'éducateurs, de prêtres et de religieux qui s'occupent de la pastorale des jeunes, également présents ce samedi 10 janvier dans la salle Paul VI avec le Souverain pontife.
«Dieu ne vous abandonne jamais»
Dans son intervention, il est revenu sur les célèbres vers de Salvatore Quasimodo dans «Ed è subito sera» (Et c'est déjà le soir) pour appeler les jeunes à se réveiller, et à laisser se transpercer par une lumière qui ne se couche pas, qui n'est pas intermittente, celle du Christ. C'est Lui qui «réchauffe notre cœur et l'enflamme de son amour». Et c'est à Dieu, en effet, qu'il faut se confier surtout dans le découragement et l'obscurité.
«Quand vous vous sentez seul, a suggéré le Pape, souvenez-vous que Dieu ne vous abandonne jamais». L'important est de tourner son regard vers l'extérieur, «à la recherche de communion et de fraternité». Toute «la création nous parle, il suffit de l'écouter». Le Successeur de Pierre indique ainsi «le chemin pour surmonter l'isolement, même dans le tumulte des sociétés contemporaines et des opinions, dans l'éblouissement des ‘‘images fragmentées’’».
La rencontre authentique avec Jésus a un pouvoir transformateur pour les individus et les communautés. Fort de cette conviction, Léon XIV s’est réjoui pour tous ceux qui lui ont confié appartenir à des milieux paroissiaux qui vivifient et revigorent, même si pour ces jeunes, l'effort est parfois trop grand pour contrer les logiques et les modèles du monde qui vont dans une toute autre direction. La paroisse, la réalité associative peuvent aider si l'on a clairement à l'esprit certaines dynamiques fondamentales.
[ Ne vous attendez pas à ce que le monde vous accueille à bras ouverts: la publicité, qui vise à vendre des choses à consommer, a plus d'audience que le témoignage, qui veut construire des amitiés sincères. Agissez donc avec joie et ténacité, sachant que pour changer la société, il faut d'abord nous changer nous-mêmes. Et vous m'avez déjà montré que vous êtes capables de vous changer vous-mêmes et de construire ces relations d'amitié. C'est ainsi que nous pouvons changer le monde, c'est ainsi que nous pouvons construire un monde de paix. ]
Une vie sainte est une vie saine
Face aux jeunes de Rome, le Souverain pontife a également établi une analogie linguistique intéressante, qui concerne les mots: «sainte» et «saine» qui ont la même racine. Il en a tiré une réflexion qui insuffle un regain de courage.
La prière brise les chaînes de l'ennui, de l'orgueil, de l'indifférence
Léon XIV a continué au cours de cette rencontre avec les jeunes du diocèse de Rome, à manifester toute son affection, leur affirmant avec vigueur et tendresse: «Je vous aime». Se faisant l'interprète des crises des jeunes, il a demandé au Seigneur «une vie bonne et vraie, une vite sainte» pour chacun d'entre eux.
Rappelant les paroles prononcées lors de la grande veillée du Jubilé des jeunes à Tor Vergata, le Saint-Père est encore revenu sur l'amitié qui, si elle est fondée sur le Christ, est «notre étoile polaire».
Le vrai bien ne s'achète pas et ne se conquiert pas par les armes
Léon XIV a terminé son discours en soulignant que l'acte le plus concret que le chrétien accomplit pour son propre bien, pour celui de ses proches, pour le monde, est de prier. L'exemple de la prière de Marie, considérée comme la «plus grande poétesse», dans le Magnificat, est le plus approprié. Elle exprime à la fois la docilité et l'ardeur.
«Il ne s'agit pas de déployer des efforts surhumains, a-t-il précisé, ni même de faire de temps en temps quelques œuvres de charité: il s'agit de vivre comme des hommes et des femmes qui ont le Christ dans leur cœur, qui l'écoutent comme un Maître et le suivent comme un Pasteur». Dans cette optique, il apparaît clairement que la prière est un «acte de liberté qui brise les chaînes de l'ennui, de l'orgueil et de l'indifférence», a dit le Successeur de Pierre. Il suffit, une fois encore, d’observer les saints.
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