Personnes déplacées à cause des violences dans l'Est de la RDC  Personnes déplacées à cause des violences dans l'Est de la RDC  

Un nouveau massacre ensanglante le Nord-Kivu

Le bilan de l'attaque perpétrée samedi à Gelumbé oscille entre 25 et 35 morts. «C'est une horreur planifiée qui se poursuit dans le silence de l'Occident», a déclaré aux médias du Vatican le père Giovanni Piumatti, missionnaire Fidei Donum dans le diocèse congolais de Butembo-Beni.

Valerio Palombaro - Cité du Vatican

Un nouveau massacre ensanglante l'Est de la République démocratique du Congo. Entre 25 et 35 civils ont été tués brutalement samedi 7 février lors d'une attaque attribuée aux Forces démocratiques alliées (ADF), milice qui sévit dans l’Est de la RDC depuis des années et qui ont prêté allégeance à l'organisation État islamique en 2009.

Instabilité à la frontière entre le Nord-Kivu et l'Ituri

Le massacre a eu lieu près du village de Gelumbé, non loin de Beni-Oicha, dans la partie la plus septentrionale de la région du Nord-Kivu, à proximité de la frontière avec l'Ituri. Il s'agit du même groupe qui, en novembre dernier, a perpétré un massacre à Byambwe, dans le diocèse de Butembo-Beni, et qui, fin juillet, a tué plus de 40 civils lors d'une attaque contre l'église catholique de Komanda.

Une horreur sans fin

«C'est une horreur planifiée», dénonce le père Giovanni Piumatti, prêtre italien, missionnaire Fidei Donum dans le diocèse congolais de Butembo-Beni. Le prêtre décrit des corps décapités et des cadavres jonchant les routes. Ce sont des zones habitées par une population chrétienne, catholique et protestante, qui vit depuis des années dans la panique engendrée par des violences récurrentes. Cette horreur sans fin est désormais «devenue routinière», ajoute-t-il, «se répétant chaque semaine depuis au moins deux ou trois ans». Le père Piumatti explique qu'un climat d'incertitude règne sur la région. Quant aux responsabilités dans cette instabilité persistante, de nombreux habitants, dit-il, soupçonnent les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) de complicité, car le phénomène n'est pas maîtrisé depuis trop d'années, malgré le soutien des troupes ougandaises voisines.

Intérêts dans la région

L'instabilité dans la région de Beni reflète l'instabilité plus générale qui règne dans le reste du Kivu. Les territoires de Goma et de Bukavu, extrêmement riches en minéraux et en terres rares, sont désormais «occupés» et administrés depuis plus d'un an par les milices pro-rwandaises du M-23. «La guerre au Kivu a fait dix millions de morts au fil des années, dans le silence complice de l'Occident», dénonce encore le père Piumatti. «L'objectif est clairement de maintenir le chaos», souligne-t-il, pour diverses raisons, notamment «la possession de terres et de ressources précieuses, et peut-être même des intérêts tribaux».

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08 février 2026, 11:43