Salon international de l'agriculture de Paris. Salon international de l'agriculture de Paris.  (AFP or licensors)

Les évêques de France expriment leur soutien et leur gratitude aux agriculteurs

À l’occasion de l’ouverture ce samedi à Paris du Salon international de l’agriculture, les évêques de France écrivent aux agriculteurs. Ils leur rappellent que l’aliment ne doit jamais devenir un bien spéculatif et que notre maison commune est autre chose qu’un simple marché où l’on peut produire sans limites. Enfin, dans le contexte de crise que traverse l’agriculture en France, l’épiscopat insiste sur la nécessité de rétablir le dialogue avec l’ensemble de la société.

Vatican News

C’est un rendez-vous qui dépasse de loin les simples frontières de la porte de Versailles à Paris, où se déroule chaque année le Salon international de l’agriculture, et celles de la France. Ce salon qui a ouvert ses portes ce samedi 21 février accueillera des centaines de milliers de visiteurs jusqu’au 1er mars, venus pour découvrir un monde en crise, notamment en France, et souvent méconnu pour des populations désormais essentiellement citadines dans les pays occidentaux. Les évêques français ont ainsi voulu s’adresser directement aux agriculteurs.

Mgr Jachiet, président du pôle «Dialogue et bien commun», Mgr Didier Noblot, évêque accompagnateur de l’équipe nationale «Mission rurale» et le père Arnaud Favart, son délégué national, ont écrit une lettre à ceux qui nourrissent le monde chaque jour. S’ils abordent évidemment les problèmes spécifiques aux agriculteurs français et de l’ensemble de ce secteur de l’économie française, ils évoquent des sujets qui concernent le monde agricole dans son ensemble.

Non à la spéculation sur les aliments

Tout d’abord «la souveraineté alimentaire» qui «ne saurait être déléguée sans risques majeurs». Pour ces représentants de la Conférence des évêques de France, «manger n’est pas une option et l’aliment ne doit jamais devenir un bien spéculatif». Ils dénoncent ainsi «la nourriture pas chère» qui masque «un impact social et environnemental problématique».

Ils rappellent aussi que pour les chrétiens, «l’espérance que nous voulons porter pour le monde revêt une dimension spirituelle». La maison commune «est bien autre chose qu’un simple marché où l’on pourrait produire sans limites». «Nous voulons prendre en compte “le cri de la terre et le cri des pauvres”» comme l’écrivait le Pape François dans son encyclique Laudato si’, «par l’éducation, la solidarité, des pratiques coopératives, le partage de transitions réussies ici ou là».

Un monde agricole français en crise

Cette lettre ne pouvait pas occulter les problèmes que les agriculteurs français en particulier traversent. Les membres de l’Église de France regrettent les défis complexes qu’ils doivent affronter et les injonctions contradictoires qu’ils reçoivent, comme «les attentes des consommateurs, l’endettement bancaire, les enjeux de la recherche agronomique pour inventer des solutions novatrices respectueuses des écosystèmes et de la santé, des relations parfois tendues avec les industries semencières et agroalimentaires, un marché mondialisé». Pour sortir de ces difficultés, une piste est évoquée, celle de «la relocalisation de l’agriculture sur un territoire» qui «redonne du sens et du crédit à une politique locale» et qui rapproche producteurs, distributeurs et consommateurs.

 

 

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21 février 2026, 18:25