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Climat: Copernicus s’alarme du réchauffement en 2025

Copernicus Global Climate Highlights a publié, mercredi 14 janvier, son rapport 2025 qui confirme qu’il s’est agi de la troisième année la plus chaude jamais enregistrée à l'échelle mondiale. Le rapport indique deux facteurs clés de la croissance hors norme de ce seuil de réchauffement: l’accumulation de gaz à effet de serre et la croissance des températures des surfaces des océans.

Marie José Muando Buabualo – Cité du Vatican

Le rapport Copernicus publié ce mercredi souligne deux raisons principales expliquant pourquoi les années allant de 2023 à 2025 ont été exceptionnellement chaudes. La première est l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, due à la poursuite des émissions élevées et à la diminution de l’absorption du dioxyde de carbone par des puits naturels comme les forêts. La seconde tient à des températures de surface de la mer exceptionnellement élevées à l’échelle des océans, associées à un épisode El Niño et à d’autres facteurs de variabilité océanique, amplifiés par le changement climatique. Ce programme d'observation de la Terre du laboratoire de l'Union européenne indique toutefois que l’activité humaine demeure le principal facteur des températures exceptionnelles. La période 2023-2025, indique ce rapport, a marqué pour la première fois que la planète s'est réchauffée en moyenne de 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle pendant trois années consécutives

Accélération du réchauffement

Ce rapport offre des informations sur les températures et les concentrations de gaz à effet de serre en résumant les événements survenus durant toute l’année 2025 à travers le monde, et avertit que si le rythme actuel se maintient, la limite de 1,5 °C fixée par l'Accord de Paris sur le climat «pourrait être atteinte d'ici la fin de la décennie, soit plus de dix ans plus tôt que prévu», indique Copernicus. «Au-delà de 1,5 °C, poursuit le rapport, le risque d'impacts catastrophiques liés aux phénomènes météorologiques extrêmes, avec des conséquences néfastes pour l'environnement et la sécurité alimentaire, s'accroît.» Les scientifiques disent poursuivre leur surveillance afin d’aider les décideurs à comprendre les risques liés à la poursuite des émissions de gaz à effet de serre et à y répondre efficacement.

La variabilité océanique naturelle des températures de surface

Les données publiées par Copernicus indiquent que la température de surface de la mer, un régulateur fondamental du système climatique mondial, a connu beaucoup d'irrégularité au courant de l'année écoulée. L'océan, font remarquer les chercheurs, agit comme un "thermostat" géant en absorbant environ 90 % de l'excès de chaleur généré par les émissions de gaz à effet de serre. Il influence directement la vitesse à laquelle cette chaleur est stockée ou redistribuée dans l'atmosphère. Toutefois, Copernicus fait remarquer que des températures de surface de la mer élevées sont liées à la variabilité océanique naturelle, incluant, en 2025, le phénomène El Niño. Cela a amplifié la chaleur mondiale et maintenu les températures à des niveaux records tout au long de l'année. L’atmosphère nous envoie un message, et nous devons l’écouter, indiquent encore les scientifiques de Copernicus. Ils insistent sur l'élimination rapide des émissions de gaz à effet de serre comme l'unique solution au réchauffement climatique.

Le Vatican soutient les efforts contre le réchauffement

À l’occasion de la COP30 qui s’est tenue au Brésil en novembre dernier, et à laquelle avait pris part une importante délégation du Saint Siège, le Pape Léon XIV avait fait siennes les préoccupations de son prédécesseur exprimées dans Laudato si’, appelant à des politiques climatiques plus soutenues et capables de répondre aux objectifs de l’Accord de Paris. «En tant que gardiens de la création de Dieu, nous sommes appelés à agir rapidement, avec foi et prophétie, pour protéger le don qu'Il nous a confié», avait écrit le Pape aux cardinaux et évêques participants à la COP30. Louant les progrès accomplis au cours des 10 années qui ont suivi le texte adopté à Paris, le Pape soulignait que ce traité international restait «notre outil le plus puissant pour protéger les populations et la planète». «Mais soyons honnêtes», ajoutait-il, «ce n'est pas l'Accord qui échoue, c'est notre réponse qui échoue. Ce qui manque, c'est la volonté politique de certains. Un véritable leadership implique un engagement et un soutien qui font réellement la différence». Léon XIV appelait à marcher «aux côtés des scientifiques, des dirigeants et des pasteurs de toutes les nations et de toutes les croyances».

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14 janvier 2026, 13:33