L'Église encourage les investissements éthiques en Afrique de l'Est
Vatican News
Alors que s’ouvre à Nairobi la 21e Assemblée plénière de l’Association des conférences épiscopales d’Afrique de l’Est (AMECEA), les participants à un rassemblement catholique sur l’investissement éthique ont présenté la Déclaration de Nairobi, appelant l’Église de toute la région à veiller à ce que ses décisions financières reflètent la doctrine sociale de l’Église, le respect de la création et le bien commun.
Cette Déclaration est le fruit de la Rencontre stratégique sur l’investissement éthique pour les catholiques, qui s’est tenue le 17 juillet dans la capitale kenyane. Réunissant des évêques, des membres du clergé, des religieux, des experts laïcs et des partenaires de la société civile du «Mouvement Laudato si’ Afrique», cette rencontre a proposé ce document comme une contribution à l’Assemblée plénière de l’AMECEA, dont le thème cette année est «Le chemin synodal de l’AMECEA avec les jeunes: construire des ponts de communion, d’espérance, de justice et de bonne gouvernance».
L'investissement éthique, un enjeu du témoignage chrétien
Les participants ont déclaré que la gestion responsable des ressources de l'Église fait partie intégrante du témoignage chrétien, affirmant qu’«aucun investissement réalisé au nom de l’Église n’est moralement neutre». Ils ont encouragé les diocèses catholiques, les congrégations religieuses, les écoles, les fonds de retraite et autres institutions à revoir leurs pratiques d’investissement à la lumière de la dignité humaine, de la sauvegarde de la création et du bien commun. La Déclaration propose un discernement accru concernant les pratiques d’investissement et les partenariats, notamment par des mesures visant à lutter contre le «greenwashing» des entreprises et, le cas échéant, par un désinvestissement des énergies fossiles accompagné d’un réinvestissement dans les énergies renouvelables et dans des initiatives qui renforcent les communautés locales.
Inspiré de Laudato si’
Le document s’inspire largement de l’encyclique Laudato si’ du Pape François, rappelant que «tout est lié» et soulignant la nécessité d’entendre «à la fois le cri de la terre et le cri des pauvres». Il fait également référence aux récentes déclarations du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM), aux messages préparés en vue de la COP30, ainsi qu’à l’avis consultatif rendu en 2025 par la Cour internationale de justice concernant les obligations des États de prévenir tout préjudice significatif au système climatique.
Les participants ont souligné que la conversion écologique et le souci des générations futures sont indissociables, décrivant la sauvegarde de la création comme une dimension essentielle de la mission de l’Église.
L’Afrique de l’Est et le défi d’une transition juste
Réfléchissant aux réalités auxquelles la région est confrontée, la Déclaration note que de nombreuses communautés africaines continuent de souffrir de la précarité énergétique tout en subissant les conséquences des sécheresses, des inondations et des déplacements de populations liés au climat.
Dans ce contexte, les participants ont appelé à la mise en place de processus de développement favorisant les énergies renouvelables, la résilience des communautés et des emplois dignes, tout en mettant en garde contre des approches qu’ils qualifient de «fausses solutions» et qui ne s’attaquent pas aux causes profondes de la dégradation de l’environnement.
Le communiqué de presse qui accompagne la déclaration explique que les discussions ont porté sur la manière dont la doctrine sociale de l’Église et le cadre d’investissement conforme à la foi de l’Église peuvent guider les décisions financières au sein des institutions catholiques d’Afrique de l’Est. Les participants ont également réfléchi aux implications pastorales et sociales des choix d’investissement, ainsi qu’aux témoignages de communautés touchées par des projets extractifs à grande échelle dans la région.
Les jeunes au cœur de l’action
Conformément au thème de l’Assemblée plénière de l’AMECEA, la Déclaration met particulièrement l’accent sur le rôle des jeunes. Elle souligne que pour relever les défis écologiques actuels, il est nécessaire de renforcer la participation des jeunes aux processus décisionnels diocésains, de les former à l’investissement éthique et à la gestion responsable de l’environnement, et de soutenir les initiatives en matière d’énergies renouvelables menées par les jeunes.
Selon la Déclaration, établir des liens de communion, d’espérance, de justice et de bonne gouvernance avec les jeunes générations implique également de garantir la transparence dans la gouvernance de l’Église et d’encourager leur participation active à la mission d’écologie intégrale de l’Église.
Appel aux évêques
Dans son appel final, la Déclaration invite les évêques réunis pour la 21e Assemblée plénière de l’AMECEA à accueillir ce texte comme une contribution au cheminement synodal de la région. Les participants encouragent l’élaboration de lignes directrices régionales en matière d’investissement, conformes à la foi, qui pourraient être adaptées par les diocèses et les conférences épiscopales de toute l’Afrique de l’Est.
Le document demande également aux évêques d’approfondir leur participation à la Plateforme d’action Laudato si’ et de faire écho à ces engagements dans le message final de l’Assemblée, en réaffirmant que la sauvegarde de notre maison commune fait partie intégrante de la mission, de l’évangélisation et du témoignage de l’Église.
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