«Je tiens à vous dire: n’ayez pas peur de la fragilité!», écrit le Pape Léon XIV dans son message à l’occasion de la VIe Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées. «Je tiens à vous dire: n’ayez pas peur de la fragilité!», écrit le Pape Léon XIV dans son message à l’occasion de la VIe Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées. 

Communiquer la tendresse de Dieu à chaque personne âgée

À l'occasion de la prochaine Journée des grands-parents et personnes âgées, sœur Rosa Parra, des Petites Sœurs des Personnes âgées abandonnées, souligne l’importance d’accompagner les plus anciens avec proximité, empathie et respect, en répondant à leurs besoins physiques et spirituels. Face à la culture du rejet et au risque de solitude, elle invite à reconnaître en chaque personne âgée un enfant de Dieu, à valoriser sa sagesse et à favoriser la rencontre entre les générations.

Sebastián Sansón Ferrari - Cité du Vatican

Dans une société marquée par la précipitation, la technologie et le culte de la jeunesse, les personnes âgées peuvent souvent ressentir de la solitude ou l’impression d’être mises à l’écart. Face à cette réalité, sœur Rosa Parra, des Petites Sœurs des Personnes âgées abandonnées (Hermanitas de los Ancianos Desamparados), invite à redécouvrir la valeur de la présence, de l’écoute et des petits gestes de proximité.

Dans le cadre de la sixième Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées, célébrée cette année le 26 juillet, la religieuse souligne que l’attention portée aux personnes âgées ne peut se limiter à la prise en charge de leurs besoins physiques. Elle implique également de les accompagner dans leur dimension spirituelle, de reconnaître leur dignité et de les aider à vivre cette étape dans la foi et l’espérance.

Pour cette religieuse, cette Journée mondiale, instituée par le Pape François en 2021 et que poursuit par le Pape Léon XIV, représente une occasion de tourner notre regard vers ceux qui risquent d’être oubliés. Les célébrations, les visites aux malades et les initiatives promues par les communautés constituent, selon elle, une manière concrète de rappeler que les personnes âgées continuent de faire partie de la grande famille de l’Église. «C’est toujours comme un rappel», précise-t-elle. Pour la religieuse, cette Journée permet de «dépoussiérer» des réalités qui, le reste de l’année, risquent d’être davantage négligées.

Prendre soin du corps et accompagner l’âme

La Congrégation des Petites Sœurs des Personnes âgées abandonnées a vu le jour en 1873, née de la préoccupation du prêtre Saturnino López Novoa face à la situation de nombreuses personnes âgées qui se retrouvaient seules et sans recours. Son charisme, explique sœur Parra, consiste à accompagner les personnes âgées en répondant à la fois à leurs besoins matériels et spirituels. Elles disposent d’un vaste réseau d’environ 197 foyers répartis dans quelque 21 pays. «Notre mission concrète, c’est cette prise en charge, qui ne se limite pas au seul aspect matériel», affirme-t-elle. Cette prise en charge globale s’exprime à travers les gestes les plus simples de la vie quotidienne: donner à manger, aider à faire sa toilette, accompagner, écouter ou simplement tenir la main. Mais aussi dans le fait d’accompagner la personne âgée à l’Eucharistie, de prier le rosaire et de créer un environnement dans lequel elle puisse vivre cette étape dans la foi. «Chaque petite sœur, chaque bénévole, notre objectif est de transmettre cette tendresse de Dieu», explique-t-elle.

Petites Sœurs des Personnes Âgées Abandonnées
Petites Sœurs des Personnes Âgées Abandonnées

Pour la religieuse, cette mission peut être comparée à la maison de Béthanie. De la même manière, les maisons de retraite doivent être des lieux où les personnes âgées peuvent se sentir accompagnées et accueillies, même lorsque la maladie ou la dépendance limitent leurs capacités.

Le charisme de la congrégation, rappelle-t-elle, se résume à une expression qui a guidé sa mission: «Soigner les corps pour sauver les âmes».

Une sagesse dont les nouvelles générations ont besoin

Sœur Rosa met également en garde contre le risque de réduire la vieillesse à la fragilité physique et au déclin. Face à cette vision, elle invite à découvrir la richesse de l’expérience et de la sagesse que les personnes âgées peuvent transmettre. Dans son travail avec de jeunes bénévoles, elle veille à ce que ce soient précisément les personnes âgées qui occupent le devant de la scène. «Nous, les jeunes, aimons être les protagonistes, les meilleurs, les leaders, les plus rapides, mais ici, nous venons pour que ce soient les personnes âgées qui soient les protagonistes», raconte-t-elle.

Sœur Parra est formatrice auprès des jeunes femmes qui aspirent à la vie religieuse.
Sœur Parra est formatrice auprès des jeunes femmes qui aspirent à la vie religieuse.

Les histoires de ceux qui ont travaillé pendant des décennies, fondé une famille, surmonté des difficultés ou appris un métier peuvent devenir une source d’enseignement pour les nouvelles générations. «Chaque personne âgée, aussi limitée soit-elle, nous donne une leçon», affirme-t-elle. Il peut s’agir d’une leçon de patience, d’acceptation de la douleur ou de capacité à affronter la souffrance.

Pour la religieuse, la rencontre entre jeunes et personnes âgées permet en outre de dépasser un regard superficiel sur la fragilité. «Je ne m’occupe pas d’une personne âgée pour ses titres, parce qu’elle est plus belle ou moins belle, parce qu’elle a accompli plus ou moins de choses dans la vie, mais parce qu’elle est enfant de Dieu», commente-t-elle. Dans cette perspective, la dignité d’une personne ne dépend ni de ses capacités ni de ce qu’elle a accompli au cours de sa vie. Même lorsqu’elle ne peut plus parler, ni converser, elle mérite toujours d’être entourée de soins, de respect et d’amour. «Le simple fait de lui tenir la main et qu’elle ressente ma force, ma chaleur, c’est déjà une bénédiction de Dieu», explique-t-elle.

Face à la culture du rejet

La religieuse attire également l’attention sur la tendance de la société contemporaine à mettre à l’écart ceux qui ne peuvent plus suivre le rythme effréné de la vie. «La personne âgée, par nature, n’est pas rapide, elle est plutôt posée», observe-t-elle. Les nouvelles technologies et l’évolution des modes de communication peuvent amener certaines personnes âgées à se sentir mises à l’écart, voire considérées comme un fardeau, même si leurs familles les aiment. Face à cette réalité, sœur Rosa estime qu’il est fondamental de cultiver l’empathie et de rechercher de nouvelles formes de rapprochement. La réponse, soutient-elle, ne nécessite pas toujours de grands gestes. Cela peut commencer par des gestes quotidiens: aider une personne âgée à traverser la rue, l’accompagner avec ses sacs de courses ou simplement s’arrêter pour la saluer.

Le travail des religieuses auprès des personnes âgées
Le travail des religieuses auprès des personnes âgées

«Quels gestes magnifiques et si simples», s’exclame-t-elle. Car derrière un geste apparemment insignifiant peut se cacher une expérience profonde: la certitude que «quelqu’un pense à moi».

Dans cette tâche, la religieuse estime que les chrétiens ont une responsabilité particulière. «Quand vous avez rendu service à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez rendu», rappelle-t-elle, en évoquant les paroles de l’Évangile. La pastorale des personnes âgées n’est donc pas seulement l’affaire de ceux qui travaillent dans des maisons de retraite ou des institutions. C’est une responsabilité qui concerne les familles, les paroisses, les bénévoles et toute la communauté.

Léon XIV: «L’Église connaît la souffrance de ses enfants les plus âgés, elle sait bien que, bien souvent, on les regarde avec des préjugés et qu’on les considère comme un fardeau.»
Léon XIV: «L’Église connaît la souffrance de ses enfants les plus âgés, elle sait bien que, bien souvent, on les regarde avec des préjugés et qu’on les considère comme un fardeau.»

«Moi, je ne t’oublierai pas»

Le thème de la Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées de cette année, «Moi, je ne t’oublierai pas», choisie par le Pape Léon XIV, prend une résonance particulière dans les paroles de sœur Rosa. Pour la religieuse, cette expression rappelle que Dieu reste proche de chaque personne et que l’Église est appelée à rendre visible cette proximité, en particulier auprès de ceux qui traversent des moments de fragilité.

«Dieu ne nous oublie pas et Dieu nous aime tous», affirme-t-elle. C’est pourquoi la mission de ceux qui accompagnent les personnes âgées consiste également à les aider à découvrir qu’elles restent importantes, que leur vie a de la valeur et qu’elles ont encore leur place au sein de la communauté.

Sœur Rosa invite également les jeunes à aller à la rencontre des personnes âgées sans crainte. Il ne s’agit pas d’accomplir de grandes actions, mais de leur consacrer du temps. S’asseoir aux côtés d’une personne âgée, laisser de côté un instant son téléphone portable et sa montre, et être simplement là, sans se presser.

«Mon temps est pour toi», propose-t-elle comme une attitude concrète d’accompagnement. La religieuse affirme que les personnes âgées savent reconnaître quand quelqu’un est véritablement présent et quand sa visite est effectuée à la hâte. C’est pourquoi elle considère que redonner de la valeur à la présence constitue l’une des réponses les plus importantes face à la solitude.

Le Pape : « Je vous exhorte, chers frères, à vous joindre à moi dans la prière constante afin que la paix vienne bientôt dans le monde entier.»
Le Pape : « Je vous exhorte, chers frères, à vous joindre à moi dans la prière constante afin que la paix vienne bientôt dans le monde entier.»

«Consacrons du temps aux autres, consacrons du temps aux personnes âgées», insiste Léon XIV. La religieuse encourage, quant à elle, les personnes âgées à faire confiance à la miséricorde de Dieu et à vivre cette étape de leur vie dans la paix. Forte de son expérience auprès de personnes âgées malades et en fin de vie, elle rappelle le témoignage de l’une d’entre elles qui, malgré ses limitations physiques, parlait avec sérénité de sa famille, du bien qu’elle avait pu accomplir et de l’espérance de retrouver bientôt Dieu.

Pour sœur Rosa, cette expérience exprime le sens profond de la pastorale des personnes âgées: accompagner jusqu’au bout, prendre soin avec tendresse et se rappeler qu’aucune personne, aussi fragile soit-elle, ne doit se sentir oubliée. «Dieu est amour», rappelle la religieuse. Et forte de cette certitude, elle invite à considérer les personnes âgées non pas comme un fardeau, mais comme des enfants de Dieu, porteurs d’une histoire et d’une sagesse qui ont encore beaucoup à offrir à l’Église et à la société.

Les préconisations du Saint-Siège

Dans ce contexte, depuis le Saint-Siège, le dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie invite les communautés paroissiales et diocésaines à prendre particulièrement soin de ceux qui vivent seuls, de ceux qui passent leurs journées dans des établissements de soins et de ceux qui ne reçoivent pas de visites. Dans un communiqué, le préfet et le secrétaire de cette institution curiale, le cardinal Kevin Farrell et Mgr Dario Gervasi, souhaitent que cette Journée «soit pour tous — et en particulier pour les plus jeunes — une occasion concrète d’aller à la rencontre de leurs propres grands-parents, des personnes âgées de leur famille et, surtout, de celles qui n’ont personne à leurs côtés».

Le dicastère propose quelques indications pastorales concernant les visites aux personnes seules; par exemple, que les visiteurs ne se limitent pas aux espaces communs, mais qu’ils se rendent également dans les chambres; demander aux ministres extraordinaires de l’Eucharistie de prolonger leurs visites habituelles aux personnes âgées et de consacrer un moment plus serein à l’écoute; inviter les familles à rendre visite aux personnes âgées seules qui vivent dans leur propre immeuble ou quartier, entre autres orientations.

Par ailleurs, ils indiquent qu’il serait souhaitable qu’à partir de cette Journée, on commence à organiser des moments de réflexion sur le message du Souverain pontife, qui pourra être distribué à tous les participants. Ils estiment qu’«on peut demander aux personnes âgées une prière spéciale pour les jeunes et pour la paix», et ils encouragent la participation du plus grand nombre possible de personnes âgées à la messe dominicale célébrée à l’occasion de cette Journée.

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23 juillet 2026, 16:19