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L'Église américaine appelle à une politique migratoire plus digne

À la suite de plusieurs incidents récents ayant entraîné des pertes humaines, les évêques américains Daniel E. Garcia et Brendan J. Cahill publient une réflexion pastorale appelant à ce que les mesures contre l’immigration irrégulière respectent toujours la dignité inhérente à chaque personne, donnée par Dieu, et rejetant la déshumanisation des immigrés.

Deborah Castellano Lubov – Cité du Vatican

«En tant que catholiques, nous croyons que tous les êtres humains sont créés à l’image et à la ressemblance de Dieu et, par conséquent, nous déplorons toutes les situations où la vie humaine est interrompue de manière non naturelle

C’est par ces mots que Mgr Daniel E. Garcia, président de la sous-commission pour la promotion de la justice raciale et la réconciliation de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, et Mgr Brendan J. Cahill, président de la commission sur les migrations, entament la réflexion pastorale qu’ils ont publiée à la suite de plusieurs incidents récents liés à l’application de la législation sur l’immigration aux États-Unis. Un rapport de l’ONG Human Rights Watch publié le 25 juin affirme qu’au moins 52 morts ont été comptabilisés dans des centres de détention de la police américaine de l’immigration (ICE) depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump en janvier 2025.

La réflexion des évêques, publiée le 20 juillet sur le site de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, exprime leur tristesse face aux vies perdues. Tout en affirmant la nécessité de l’action des autorités civiles, elle souligne que l’application de la loi ne doit jamais porter atteinte à la dignité humaine ni à la vie humaine.

Le pouvoir de l’État doit être exercé dans les limites de la loi morale

Dans leur déclaration, les évêques ont réaffirmé continuer à «affirmer le rôle légitime des autorités civiles dans l’application de la loi de manière humaine et dans le respect des droits fondamentaux de l’homme, notamment le droit à la vie et le droit à un procès équitable».

Mgr Garcia et Mgr Cahill ont insisté sur le fait que «le pouvoir de l’État doit toujours être exercé dans les limites de la loi morale».

«À cette fin», ont-ils poursuivi, «nous appelons à la responsabilité, à la transparence et à la justice, ce qui nécessite que des réformes significatives soient apportées à notre système d’immigration».

Préoccupations concernant le profilage racial

«Nous sommes troublés lorsque nous constatons, au sein de notre population, un climat de peur et d’angoisse autour des questions de profilage et de l’application des lois sur l’immigration» ont-ils souligné, rappelant les propos tenus par les évêques américains en novembre dernier.

Le profilage racial, ont-ils déclaré, «non seulement porte atteinte à la dignité donnée par Dieu, mais inflige également un préjudice profond aux individus, aux familles et aux communautés en alimentant la peur, en érodant la confiance et en augmentant le risque de conséquences injustes, voire tragiques».

Les évêques ont reconnu que leurs préoccupations pastorales se distinguaient de ce que le droit civil lui-même peut autoriser.

On ne peut pas banaliser le fait de porter atteinte à la dignité humaine ou de la mépriser

«Les actes qui portent atteinte à la dignité d’une personne ou d’un groupe de personnes, ou qui la méprisent, ne devraient jamais être banalisés dans notre société» ont souligné Mgr Garcia et Mgr Cahill.

Ils ont cité «la déshumanisation des immigrés, quel que soit leur statut juridique» et «la diffamation des agents des forces de l’ordre» comme deux exemples d’attitudes qui ne devraient jamais être banalisées.

Enfin, ils se sont unis dans la prière pour les âmes des personnes tuées, pour leurs familles, pour la nation et pour tous ceux à qui œuvrent au sein de la fonction publique. Ils ont également prié «pour que cessent les discours déshumanisants, les préjugés raciaux et la violence, et pour un engagement renouvelé à reconnaître la dignité inhérente à chaque personne en tant qu’enfant de Dieu».

«Nous implorons», ont-ils conclu, «l’intercession de Marie, notre Mère, qui est le modèle de la foi parfaite en ces temps de deuil, d’épreuves et d’incertitude».

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21 juillet 2026, 14:02