L’évêque du diocèse de Tombura-Yambio au Soudan du Sud, Mgr Hiiboro Kussala. L’évêque du diocèse de Tombura-Yambio au Soudan du Sud, Mgr Hiiboro Kussala.  

Soudan Sud: au cœur de la violence, l’appel au renouveau durant Carême

Dans un pays marqué par les conflits, les déplacements massifs et une insécurité alimentaire grandissante, l’Église élève une voix d’espérance. Au Soudan du Sud, le message de Carême de l’évêque de Tombura-Yambio, Mgr Hiiboro Kussala rendu public le 16 février, résonne comme un appel pressant à la conversion, à la paix et à la guérison communautaire.

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«Notre diocèse est confronté à de nombreux défis: la haine, les divisions tribales, la manipulation des jeunes, la trahison, les violences ciblées, les divorces forcés, la pauvreté et les maladies qui appartiennent à nos communautés», a souligné dans son message de Carême Mgr Hiiboro Kussal. L'évêque exhorte le peuple de Dieu de son diocèse de Tombura-Yambio à un véritable renouveau intérieur. «Le Carême n'est pas seulement une période de jeûne» rappelle-t-il, «mais un temps de conversion, de responsabilité sociale et de guérison communautaire».

Une nation blessée depuis toujours par la guerre

Quinze ans après son indépendance en 2011, le Soudan du Sud, plus jeune pays du monde, demeure profondément fragilisée. Héritier de décennies de guerre civile (1955-2005), le pays a sombré à nouveau dans un conflit interne entre 2013 et 2018. Bien que l'accord revitalisé pour résoudre le conflit signé en septembre 2018 ait suscité de l'espoir et essentiellement mis fin aux affrontements, la paix reste fragile. Ces dernières semaines, les violences ont repris avec intensité, notamment dans le nord et le centre du pays. Selon un récent rapport de l'UNICEF, la situation s'est considérablement détériorée depuis fin décembre 2025. Dans l'État de Jonglei, au moins 280 000 personnes ont été déplacées, majoritairement des femmes et des enfants, exposés aux violences, aux recrutements forcés et à de graves abus. À cette violence armée s'ajoute une crise humanitaire aiguë. La malnutrition progresse, la famine menace des régions entières et le système de santé est proche de l'effondrement. Dans ce contexte, la souffrance quotidienne devient le lot commun de millions de Sud-Soudanais. L'insécurité entrave l'acheminement de l'aide humanitaire et aggrave la vulnérabilité des communautés rurales.

Rétablir la paix à partir des communautés

Pour l'évêque du diocèse de Tombura-Yambio, le Carême devient, au milieu de ces souffrances, un appel concret à reconstruire le tissu social. Il invite chaque paroisse, chaque famille et chaque fidèle à renouer avec Dieu afin de restaurer la paix et de soutenir les plus vulnérables. Dans un pays où la méfiance et les fractures communautaires persistent, l'Église se veut artisane de réconciliation. À travers la prière, le pardon et la solidarité, le temps du Carême peut devenir un semblant d'espérance.

Au cœur de l'épreuve, l'appel de l'Évangile rétentit ainsi comme une lumière: revenir à Dieu pour guérir les cœurs et rebâtir la nation sur des fondements de paix.

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19 février 2026, 13:41