Religieuse de la Congrégation Franciscaine du Règne de Jésus Religieuse de la Congrégation Franciscaine du Règne de Jésus 

Les Sœurs franciscaines de Sola, témoins d’espérance en RD Congo

À l’occasion de la fête de la Vie consacrée, le 2 février, l’Église célèbre l’engagement des religieux et religieuses. En RDC, les Sœurs franciscaines du Règne de Jésus-Christ, dites Sœurs de Sola, incarnent une présence évangélique essentielle de soutien, de foi et de transformation sociale.

Clara  PITSHILU- Cité du Vatican

Fondée en 1836 par Mère Élisabeth Docquier, la Congrégation franciscaine du Règne de Jésus-Christ s’inscrit dans la spiritualité de saint François d’Assise, vivant l’Évangile dans la simplicité, la minorité et la fraternité. Fidèles à cet héritage, les Sœurs de Sola ont choisi de servir le Christ en se faisant proches des pauvres, des exclus et des oubliés. Leur présence dans les écoles, centres de santé, paroisses, camps de déplacés et quartiers défavorisés en RDC est un signe vivant de l’amour de Dieu pour son peuple. S’inscrivant dans la durée, souvent loin des projecteurs, la mission des Sœurs de Sola est profondément enracinée dans le quotidien des communautés qu’elles accompagnent.

La vie consacrée, signe d’espérance au cœur d’un pays aux mille défis

Aujourd’hui, être religieuse en RD Congo signifie être signe d’espérance et de paix, là où la violence, la pauvreté et l’incertitude menacent la dignité humaine. À travers leurs œuvres éducatives, sanitaires, pastorales et caritatives, les Sœurs de Sola s’inscrivent dans une dynamique de reconstruction humaine et spirituelle. Leur mission quotidienne se vit souvent dans la discrétion, mais avec une grande fécondité: accompagner les jeunes, en particulier les jeunes filles les plus délaissées, former les postulantes, les novices et les jeunes en situation de désœuvrement, afin qu’elles deviennent des femmes responsables, enracinées dans la foi et utiles à la société. Cette mission éducative et formatrice est un véritable acte de leadership, car former une conscience,  rétablir une dignité blessée, aider une jeune à croire en son avenir, c’est déjà transformer la société de l’intérieur.

Leur  mission n’est cependant pas sans obstacles. Le manque de moyens matériels, l’instabilité socio-politique, la précarité des structures éducatives et sanitaires constituent des défis majeurs pour leur travail quotidien. À cela s’ajoute la nécessité de maintenir la fidélité et la persévérance dans un contexte parfois décourageant.

Malgré ces difficultés, les religieuses continuent d’avancer, portées par une foi profonde et une espérance tenace. Leur témoignage rappelle que la vie consacrée n’est pas une fuite du monde, mais un engagement radical au cœur des réalités humaines.

Former pour transformer: un leadership au féminin 

On parle de plus en plus du rôle et du leadership des religieuses dans l’Église et dans la société. Pour les Sœurs franciscaines de Sola, ce leadership ne se vit pas comme une quête de pouvoir, mais comme un service humble, fidèle à l’Évangile.

«Nous vivons cette responsabilité comme un appel à témoigner par le service humble et la présence active: accompagner, former et défendre la dignité humaine», explique la supérieure des franciscaines.

Dans un contexte où les femmes sont souvent marginalisées, les religieuses incarnent une autorité morale et spirituelle forte. Elles sont éducatrices, médiatrices de paix, accompagnatrices spirituelles et actrices de cohésion sociale. Leur leadership repose sur la proximité, l’écoute et la constance, particulièrement auprès des plus pauvres.

Soeur Georgette Kalunga Tazamia, Religieuse de la Congrégation Franciscaine du Règne de Jésus

Un appel né dans l’intimité avec le Christ

Pour Sœur Georgette KALUNGA TAZAMIA, religieuse franciscaine de Sola et supérieure de la congrégation, l’appel à la vie consacrée n’est jamais le fruit du hasard. Il naît d’une rencontre intérieure avec le Christ, vécue dans le silence de la prière et dans le contact concret avec les plus vulnérables.

«Mon appel à la vie consacrée est né d’une rencontre intérieure avec le Christ, vécue dans la prière et le service des plus vulnérables», confie la sœur KALUNGA, engagée il y a plus de vingt-trois ans dans la formation des jeunes.

Cette expérience fondatrice éclaire toute une vie donnée. Elle s’inscrit dans la spiritualité franciscaine, marquée par la simplicité, la minorité et la fraternité, à la suite de saint François d’Assise. Dans le contexte actuel de la RD Congo, cet appel prend une résonance particulière: il devient un engagement prophétique au cœur d’une société traversée par des crises socio-politiques, économiques et sécuritaires, souligne la religieuse.

À la source de la force: prière, Eucharistie et fraternité

Dans un environnement souvent marqué par la souffrance et l’incertitude, la question de la permanence de la force intérieure se pose avec acuité. Pour les religieuses franciscaines de Sola, cette force puise sa source dans la prière quotidienne, l’Eucharistie et la confiance totale en Dieu.

La vie fraternelle joue également un rôle essentiel, affirment les religieuses: se soutenir mutuellement, partager les joies et les épreuves, discerner ensemble la volonté de Dieu. À cela s’ajoutent les nombreux signes d’espérance rencontrés chaque jour: le courage des jeunes, la résilience des familles, les petits pas de transformation qui donnent sens à la mission.

Sentinelles de l’espérance au cœur du monde

Le Pape François rappelait que les personnes consacrées sont des «sentinelles de l’espérance». En RDC, les religieuses, et particulièrement celles de la Congrégation franciscaine du Règne de Jésus-Christ, incarnent pleinement cette mission, par leur engagement courageux, leur leadership de service et leur fidélité à l’Évangile. L’Église rend  en ce jour hommage à ces femmes de foi et de courage. Discrètes mais indispensables, elles demeurent des piliers de l’Église et de la société congolaise, semant chaque jour des graines d’espérance au cœur des fragilités humaines.

À travers leur fidélité quotidienne à l’Évangile, elles rappellent que l’espérance chrétienne n’est pas une illusion, mais une force capable de transformer les cœurs et les sociétés, même dans les contextes les plus éprouvés.

Sur ce, les sœurs de Sola lancent un appel fort aux jeunes congolais et du monde entier: «à garder la foi, à cultiver l’espérance et à s’engager activement pour la paix et la solidarité».

Soeur Georgette Kalunga Tazamia
Soeur Georgette Kalunga Tazamia

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02 février 2026, 12:27