Semaine pour l'unité des chrétiens, l'Église apostolique arménienne à l'honneur
Donatella Coalova - Cité du Vatican
De même que la terre aride, sèche, désolée a besoin d’eau, ainsi, le monde déchiré et ensanglanté par la guerre et la haine désire ardemment la réconciliation et la koinonia -communion-. Dans ce contexte difficile, les paroles du Pape Léon XIV résonnent avec d’autant plus de force: «Regardez le Christ! Approchez-vous de Lui! Accueillez sa Parole qui illumine et console! Ecoutez sa proposition d’amour pour devenir son unique famille: dans l’unique Christ, nous sommes un. Et c’est la route à parcourir ensemble, entre nous, mais aussi avec les Églises chrétiennes sœurs» (Homélie pour le début du ministère pétrinien, 18 mai 2025).
En profonde harmonie avec la prédication du Pape, la prochaine Semaine de prière pour l’unité des chrétiens aura pour thème: «Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit» (Éphésiens 4, 4). La version définitive des textes de cette année a été réalisée du 13 au 18 octobre 2024 au Saint-Siège d’Etchmiadzine, en Arménie.
En effet, le dicastère pour la Promotion de l’unité des chrétiens et la commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises ont confié la rédaction des textes au département pour les relations interconfessionnelles de l’Église apostolique arménienne. Ce dernier a coordonné le groupe œcuménique de chrétiens arméniens qui a rédigé la première version puis travaillé avec l’équipe internationale nommée conjointement par le dicastère pour la Promotion de l’unité des chrétiens et le Conseil œcuménique des Églises pour finaliser les textes.
En Arménie, le constant souci pour l'unité
Comme l’expliquent les premières pages, les prières et les réflexions ont été préparées par les fidèles de l’Eglise apostolique arménienne en collaboration «avec leurs frères et sœurs de l’Église catholique et des Églises évangéliques arméniennes». Les Arméniens ont un passé douloureux, marqué par plusieurs dominations étrangères, par les terribles violences de 1915, par la dureté du régime soviétique. Mais ces épreuves ont fait naître dans le cœur de ce peuple un désir passionné d’unité. Jean-Paul II écrivit à juste titre dans Ut unum sint: «Ceux qui croient au Christ, unis sur la voie tracée par les martyrs, ne peuvent pas rester divisés». Dans l’introduction théologique et pastorale du matériel pour 2026, les rédacteurs affirment avec force: «L’unité est une mission divine qui, plus qu’un simple idéal, est au cœur de notre identité chrétienne. Elle représente l’essence de la vocation de l’Eglise, un appel à refléter l’unité harmonieuse de notre vie en Christ au milieu de notre diversité».
Le texte souligne que dans l’Église apostolique arménienne, la prière pour l’unité est constante: «En prononçant le Credo, les fidèles déclarent leur foi en “l’Église une, sainte, catholique et apostolique”, et professent ainsi combien cette unité est le centre de leur vie spirituelle. Cet engagement en faveur de l’unité trouve sa pleine expression dans les célébrations eucharistiques de l’Eglise, où la communauté ne prie pas seulement pour les chrétiens du monde entier et leurs chefs spirituels, mais aussi pour l’unité de l’Eglise elle-même. Chaque dimanche, lors de la liturgie, les fidèles s’étreignent les uns les autres et chantent “L’Église est devenue une”».
Prières des saints Nersès et Grégoire de Narek
La célébration œcuménique pour 2026 est intitulée Lumière de Lumière pour la Lumière. Il s’agit d’une adaptation de l’«Office du lever du soleil», l’une des prières quotidiennes de l’Église arménienne, composées par le Catholicos saint Nersès «le Gracieux» (1102-1173). Grand missionnaire, il concentra dans ce texte ses réflexions et ses prières sur le Christ, Lumière de Lumière, pour capter l’attention de ses auditeurs, dont un grand nombre faisait partie du groupe des «adorateurs du soleil», à cette époque très répandus en Arménie. Très connu pour ses écrits théologiques et ses hymnes vibrant de poésie et de spiritualité, saint Nersès est également connu pour son engagement en faveur de l’unité des chrétiens. Jean-Paul II parla de lui comme du «Catholicos qui allia un amour extraordinaire pour son peuple et pour sa tradition, à une ouverture clairvoyante aux autres Églises, dans un effort exemplaire de recherche de la communion dans la pleine unité» (Lettre apostolique à l’occasion du 1700e anniversaire du Baptême du peuple arménien, 2 février 2001, n. 7). Le rappel explicite à cette grande figure dans le matériel pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2026 est particulièrement significatif.
La référence à un autre illustre théologien, mystique et poète arménien, vénéré comme saint tant par les catholiques que par les orthodoxes, saint Grégoire de Narek (950-1005), est tout aussi importante. En 2015, à l’occasion du centenaire des violences sur les Arméniens, l’Église catholique l’a proclamé docteur de l’Eglise. S’inspirant de l’un de ses écrits, le texte pour la semaine de prière rapporte cette prière: «Jésus, Lumière de la Lumière, comme les différentes fleurs du jardin de ton Royaume, que ton éclat divin nous donne de fleurir dans l’harmonie. Ainsi, dans l’unité, puissions-nous toujours te louer et te glorifier dans la joie, de même que le Père et le Saint-Esprit, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles».
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