13e assemblée de l’ACERAC à N’Djaména: L'Église au chevet d'une Afrique centrale en quête de paix
Vatican News et Edouard Takadji
Le cardinal Fridolin Ambongo, président du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar, SCEAM, a ouvert les travaux en rappelant l’héritage de l’exhortation Ecclesia in Africa (1994). Si la foi est vive sur le continent, il fait néanmoins un constat social assez alarmant : Conflits armés et insécurité persistante ; Fragilité de la cohésion sociale et tensions ethniques ; Défis de gouvernance, corruption et stress écologique.
Face à ces maux, le cardinal Ambongo propose trois priorités pastorales. D’abord la formation d'artisans de paix via les séminaires et universités : «Nos séminaires, universités catholiques et structures de formation des laïcs, dit-il, doivent former intentionnellement des femmes et des hommes capables de promouvoir la paix, enracinés dans l’Évangile, nourris par la Doctrine sociale de l’Église et dotés de compétences en dialogue et en transformation des conflits» ;
Ensuite, une gouvernance pastorale synodale fondée sur la transparence et l’écoute : «Aux niveaux diocésain et paroissial, exhorte-t-il, nous sommes invités à renforcer les processus d’écoute, de coresponsabilité et de transparence, afin que l’Église marche réellement ensemble comme une famille, où les décisions sont discernées dans la communion».
Enfin, un engagement social prophétique à travers les commissions ‘Justice et Paix’ afin de promouvoir l’éducation civique, accompagner les victimes de la violence et créer des espaces de dialogue contribuant à la réconciliation et à la cohésion sociale. Pour le président du SCEAM, ces priorités ne sont pas de nouveaux programmes, «mais des expressions renouvelées de notre mission comme Église-Famille de Dieu, appelée à être signe d’espérance, d’unité et de paix en Afrique centrale».
Le modèle tchadien de cohabitation
Également présent à ces assises, le Premier ministre tchadien, Allah-Maye Halina, a présenté son pays comme une nation où chrétiens et musulmans cheminent ensemble. Il a souligné que le dialogue interreligieux au Tchad dépasse la simple tolérance pour devenir, tel que l’illustre la Journée nationale de prière pour la paix célébrée chaque 28 novembre, un «dialogue de vie», fondée sur l’écoute mutuelle, le respect des convictions de chacun et la reconnaissance de notre humanité commune.
Trente ans après : un défi qui demeure
Le président de l’ACERAC, Mgr Martin Waïngué Bani a, pour sa part, souligné que 30 ans après cet évènement ecclésial qui a suscité tant d’enthousiasme, la situation socio-politique a peu évolué. L’Église, a-t-il soutenu, ne se situe pas en dehors du monde : elle partage les «joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses» des populations. Pour lui, l’édification d’une «Église-Famille de Dieu» est la réponse directe aux divisions et à la misère.
Un appel à l'action concrète
Pour sa part, le cardinal Michael Czerny, préfet du Dicastère du Service pour le développement humain intégral, représentant du Saint-Siège, a salué le dynamisme de l’Église en Afrique centrale tout en rappelant que l'évangélisation est indissociable de la justice sociale. Il a appelé les fidèles à être des «bons samaritains» pour bâtir une Église phare de l’espérance.
Merci d'avoir lu cet article. Si vous souhaitez rester informé, inscrivez-vous à la lettre d’information en cliquant ici