Cardinal Ambongo: «L’Afrique est un poumon spirituel qui respire avec son peuple»

Le comité permanent du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) était reçu en audience le samedi 17 janvier par le Pape Léon XIV. L’archevêque de Kinshasa et président du SCEAM, le cardinal Fridolin Ambongo Besungu, revient sur cette rencontre historique, sur la mission de l’Église en Afrique et sur l’urgence d’un dialogue sincère pour la paix en République démocratique du Congo.

Jean-Paul Kamba, SJ – Cité du Vatican

«C’est la première fois que le Pape reçoit officiellement la présidence du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar depuis son élection», souligne d’emblée le cardinal Ambongo qui explique que cette audience avait initialement été reportée en raison du voyage pontifical en Turquie et au Liban.

Une Église face aux crises du continent

Au cours de cette audience, la présidence du SCEAM a rendu compte au Souverain pontife des assises de la 20e assemblée générale tenue à Kigali en août dernier, autour du thème: «Le Christ, source d’espérance, de réconciliation et de paix». Ce thème, a expliqué le cardinal Ambongo, a permis d’analyser de façon approfondie «notre mission en tant que pasteurs dans un continent caractérisé par des crises».


Dans un contexte marqué par les conflits armés, les instabilités politiques et les fractures sociales, a-t-il dit, l’Église d’Afrique est appelée à relire sa mission pastorale à la lumière de l’Évangile et de la souffrance des peuples.

Une Église qui partage la souffrance de son peuple

Interrogé sur l’état de santé de l’Église catholique en Afrique, le président du SCEAM a rappelé une conviction chère au Pape François, à savoir que l’Église ne s’identifie à aucun camp politique: «Votre camp, c’est le camp du peuple», aimait-il rappeler aux pasteurs africains. Une proximité qui implique de porter, avec compassion, les blessures du peuple.

“L’Église en Afrique peut être considérée comme le poumon spirituel de l’humanité. Mais en même temps, elle communie à la souffrance de son peuple. Et c’est tout à fait normal”

Malgré les épreuves, le cardinal salue l’engagement des pasteurs sur le terrain, aux côtés des communautés éprouvées.


La visite du Pape, un souffle d’espérance attendu

L’éventualité d’un prochain voyage apostolique de Léon XIV en Afrique suscite de fortes attentes. «C’est d’abord le pasteur qui vient confirmer les fidèles dans la foi», affirme le cardinal Ambongo.

Dans les pays en crise, la parole du Pape est perçue comme une voix prophétique capable de réconforter, d’encourager et de raviver l’espérance. «Même si les choses vont mal aujourd’hui, l’espérance chrétienne nous dit: tenez bon. Demain sera meilleur»

RDC : la paix ne viendra pas par les armes

Abordant la situation dramatique dans l’Est de la République démocratique du Congo, l’archevêque de Kinshasa a alors dressé un constat lucide et douloureux. «Au-delà des grands discours, c’est le petit peuple qui paie le prix de la guerre». Face à l’inefficacité des solutions militaires, a-t-il indiqué, l’Église continue de promouvoir le dialogue comme seule voie crédible vers une paix durable.

“L’Église n’a jamais cru à une solution au bout du canon. La solution se trouve autour d’une table.”

Le cardinal Ambongo a appelé à un dialogue inclusif entre toutes les forces vives du pays: gouvernement, opposition armée et non armée, et société civile. «Que tous se retrouvent ensemble autour des médiateurs pour mettre sur la table ce qui empêche notre pays de fonctionner».

Une espérance qui résiste

Malgré la persistance des violences, le cardinal Ambongo refuse le découragement. «Nous continuons à prier pour le pays et nous avons vraiment l’espérance que ce dialogue se tiendra pour qu’enfin la souffrance du peuple congolais puisse s’arrêter».

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21 janvier 2026, 10:59